mercredi 30 avril 2008

Pourquoi les hommes sont violents?

Il y a justement un passage dans le livre "Autopsie d'un procès" de Gérard Lecha qui apporte un début de réponse,p72 dans l'édition de 90:

"Sans doute, nombre de psy nous diront qu'il y a nécessairement des causes prédisposantes chez ces hommes-là. Ce sera un caractère trop ardent du type de ceux auxquels donnent lieu les tempéraments bilioso-sanguins et bilioso-nerveux, ou encore la trop grande impressionnabilité et l'agitation imaginative des lymphatico-nerveux, voire Oedipe mal résolu ou... tout autre fourbi explicatoire.

Or, il est clair que si ces prétendues causes prédisposantes étaient contrées dès le premier âge par le contrepoids d'une formation à l'empire sur soi-même et au respect de l'autre, ce genre d'égarement avilissants pour l'humain seraient très certainement moins fréquents. Mais ce ne sera vraiment que lorsque la violence prétendument"virile" ne sera plus érigée en valeur morale que les choses pourront alors changer positivement.

Lorsque l'on n'entendra plus, par exemple, un avocat mâle s'exclamer dans les couloirs du tribunal après l'audition de la sentence: "Cinq mois ferme? Fichtre! C'est quand même cher payer pour avoir tiré un coup"".

Le livre du mois d'avril 2008

Le livre du mois d'avril 2008 est:

Autopsie d'un procès, de Gérard Lecha, publié en février 1982 aux éditions EST, Samuel Tastet Éditeur et malheureusement indisponible autrement que d'occasion.

Si le viol est puni sévèrement par la loi et ce depuis au moins le XIXème siècle, les plaintes ne sont pas légions par rapport aux victimes constatées, les procédures n’aboutissent pas ou très peu et les procès sont toujours long et douloureux pour la victime.

Nombreuses sont les féministes qui se sont battues pour que le législateur prenne en compte les raisons de ce dysfonctionnement et admette son incapacité à permettre aux victimes d’avoir un procès digne et juste et de punir ces agresseurs à la hauteur du crime commis.

Gérard Lecha, docteur en psychologie sociale et en sociologie, est l’une de ces féministes. Dans Autopsie d’un Procès, il nous raconte l’effroyable histoire du viol de Marie-André Marion.

Le 30 décembre 1978, Marie-André, après s’être disputé avec l’infirmier de garde de l’hôpital psychiatrique de Villejuif (94) où elle était volontairement internée suite à une dépression, s’en va sur un coup de tête. Elle déambule dans la rue jusqu’à trouver un café ouvert où elle va se réfugier. Elle va mal, cela se voit et trois habitués du café entament la conversation avec elle, lui payent à boire et la réconfortent. Elle leur raconte son histoire (elle est seule, sans famille, dépressive et vient de « fuguer » de l’hôpital). Ils sont gentils, Marie-André décide de rentrer à l’hôpital et c’est tout naturellement que les trois amis, mariés, père de famille lui proposent de la raccompagner en voiture.

Bien sur ils ne la raccompagnent pas, ils l’avaient déjà décider entre eux, cette fille va y passer. Le déroulement de l’histoire je ne la raconterai pas en détail, ils vont l’emmener dans un endroit isolé, l’obliger à se déshabiller, la violer à tour de rôle et la frapper violement avant de se séparer et de laisser à l’un d’entre eux la charge la ramener où bon il lui semblera. Marie-André arrive à s’enfuir et à retourner à l’hôpital de Villejuif.

Elle veut porter plainte tout de suite, on la décourage, elle veut voir une médecin de garde, celle ci arrive mais ne lui fait pas d’examen complet. Elle arrive quand même à porter plainte, la police la croit, enquête, retrouve ses agresseurs assez vite.

Les agresseurs s’indignent, non ils ne l’ont jamais violé! C’est elle qui prise d’une crise d’hystérie, s’est mise à se cogner toute seule, d’ailleurs elle criait « Je suis lesbienne baiser moi! ». N’est elle pas internée dans un hôpital psychiatrique? Marie-André est homosexuelle, c’est vrai, elle ne le nie pas. Ils l’ont jeté dehors, c’est eux qui ont eu peur de son comportement violent. D’ailleurs, eux ils ont un travail, des épouses, des enfants, elle est une comédienne au chômage. Elle n’a pas fait d’examen, aucune trace de sperme a été retrouvée. C’est se parole contre la nôtre.

Le 23 septembre 1982, la Cour d’Assises de Créteil, les neuf jurés dont cinq femmes, acquittent les trois violeurs qui s’en vont libre de recommencer.

mercredi 23 avril 2008

Un tueur en série sur Paris?

Le 23 février dernier, une jeune femme de 19 ans, d’origine suédoise, passe la soirée dans une boîte de nuit de la rue Marbeuf (Paris 8ème) qu’elle quitte à 2h du matin. Selon des témoignages recueillis par les gendarmes, on la voit prendre un taxi non loin des Champs Elysées. La jeune femme sera violée et découverte quelques heures après, errante dans un verger d’Orgeval (Yvelines), à 28 kilomètres de Paris.

Samedi 19 avril, Sussana, une jeune étudiante de 19 ans, également suédoise, sort d’une discothèque du boulevard Rivoli, La Scala, vers 4h du matin pour regagner son studio dans le 18ème. Elle envoie un sms à une amie pour lui signaler qu’elle rentre seule en taxi et que le chauffeur “n’a pas l’air net”.

On découvrira son corps sur le chemin forestier d’Avilly-Saint-Léonard, (Oise) à 27 kilomètres au nord de Paris. Sussana a été retrouvée sur le ventre, habillée, partiellement brûlée, les mains attachées dans le dos. Selon l’autopsie, elle serait morte d’un coup de couteau au thorax après avoir été battue. L’état de son corps ne permet pas d’affirmer si elle a subi ou non des violences sexuelles.

Son agresseur lui aurait tiré quatre balles au niveau de la tête mais, toujours selon l’autopsie, seulement après sa mort. Voulait il “masquer” son crime et orienter la police vers la piste d’un crime crapuleux?Selon les enquêteurs, le corps de la jeune femme a été brûlée pour effacer tous les indices et les traces ADN, (l’agresseur est il fiché, connu des services de police? Ne voulait il pas qu’on fasse le lien entre ce meurtre et le viol de la jeune femme retrouvée dans les Yvelines? Est il devenu plus prévoyant en vu de recommencer?)

La façon dont Sussana a été violée, transportée, tuée, puis brulée (même si pour l’instant rien ne prouve avec certitude que cela se soit passé dans cet ordre) nous indique que l’agresseur prémédite ses crimes puisqu’il s’organise pour avoir à portée de main de quoi attacher sa victime et de quoi bruler son corps, (sans parler de l’arme à feu).
Il arpente les quartiers animés de Paris, fait la sortie des boîtes de nuit “branchées” et fréquentées par des etudiantes assez aisées, autant dire qu’il part à la chasse les fins de semaine à bord d’un (faux?) taxi.

Malgré les similitudes des deux dossiers, la police hésite encore à parler de violeur/tueur en série et de rapprocher les deux affaires. La première victime avait les cheveux brun alors que Sussana était blonde. Cette différence importante dans le profil des victimes intrigue et oblige les enquêteurs à se montrer prudent.

dimanche 20 avril 2008

Et les chiens se taisaient, d'Aimé Césaire

Extraits.

"Eux
eux les chiens
eux les hommes aux babines saigantes, aux yeux d'acier
mais vous savez je vous dis que l'action de la justice est éteinte.
éteinte, mais la lueur de leurs yeux ne s'éteint jamais."

(...)

"Et l'on nous vendait comme des bêtes, et l 'on nous comptait les dents... et l'on
nous tâtait les bourses et l'on examinait le cati ou le décati de notre peau et l'on
nous palpait et pesait et soupesait et l'on passait à notre cou de bête domptée le
collier de la servitude et du sobriquet."

(...)

"... et je vous regarde et je vous dévêts au milieu de vos
mensonges et de vos lâchetés
larbins fiers petits hypocrites filant doux
esclaves et fils d'esclaves
et vous n'avez plus la force de protester de vous indigner
de gémir
condamnés à vivre en tête à tête avec la stupidité
empuantie sans autre chose qui vous tienne chaud
au sang que de regarder ciller
jusqu'à mi-verre votre rhum antillais..."

mardi 8 avril 2008

Et vous, qu'en pensez vous?

Pourquoi l'homme est il violent?

Voici la réponse de Michela Marzano, philosophe, chercheuse au CNRS:

"Il s’agit souvent d’individus qui n’acceptent pas la « résistance » du réel, c’est-à-dire le fait que parfois la réalité s’oppose à leur désir, que parfois les autres ne répondent pas exactement à leurs demandes.
Ce qui les amène à vouloir forcer ce qui résiste, à vouloir plier ceux ou celles qui leur opposent un refus. Si l’on analyse le cas particulier des violences sexuelles envers les femmes, l’on se rend compte que les violeurs forcent leurs victimes à se plier à leurs exigences, sans prendre en compte leur refus.
Ce qui devient possible à partir du moment où l’autre n’est plus pris en compte comme autre, et qu’il n’est donc plus reconnu comme un être humain digne de respect : son « non » devient un « oui », car la seule chose qui compte est la volonté de celui qui exerce la violence. Les hommes violents sont souvent des individus qui n’arrivent pas à s’inscrire dans le monde et dans la société de façon satisfaisante : à la base de leur violence il y a une crise existentielle profonde qui les pousse à considérer les autres, et notamment les femmes, comme « rien », peut-être aussi parce qu’eux-mêmes n’arrivent pas à donner beaucoup de valeur à leur vie, et n’arrivent pas non plus à obtenir une considération adéquate de la part des autres (et notamment des femmes).
La violence, de ce point de vue, apparaît comme le seul recours possible, comme le seul moyen pour s’imposer, en montrant ainsi à la société qu’il y a au moins les victimes de leur violence qui ont dû se plier à leur volonté et leur puissance."

lundi 7 avril 2008

Pendant ce temps au Bangladesh

"Je voudrais vous raconter l’histoire de Yasmin, une jeune fille de 15 ans. Employée comme domestique, elle a été violée par son employeur. Elle s’est enfuie. Tandis qu’elle regagnait à pied la maison de ses parents, elle a été vue par des policiers. Ils lui dirent qu’il n’était guère prudent pour une jeune fille de marcher dans les rues en pleine nuit et lui proposèrent de la ramener chez elle dans leur fourgonnette. Et que s’est-il passé ?

Après l’avoir violée, les six policiers l’ont tuée, puis ils ont jeté son corps dans des buissons. Quand la nouvelle de son meurtre a été connue, les villageois ont manifesté contre la police. Les policiers ont tiré dans la foule, sept personnes ont été tuées.

Dès le lendemain, le gouvernement déclarait dans un communiqué que Yasmin était une mauvaise fille, une prostituée, et que les policiers étaient parfaitement en droit de la traiter comme ils l’avaient fait. Ce genre d’histoire n’est pas rare, au Bangladesh. Et je sais que des choses semblables se produisent également dans d’autres pays."


extrait d'un discours de Taslima Nasreen

dimanche 6 avril 2008

Pétition pour une Loi-Cadre contre la violence faite aux femmes

France, 2008. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Tout le monde se désole. Mais disposons-nous vraiment de toutes les mesures nécessaires pour combattre les violences faites aux femmes ? Toutes les violences faites aux femmes.

Pourquoi la loi ne prend-elle pas en compte la prévention des violences faites aux femmes et laisse chacun-e se débrouiller dans son coin ?

Pourquoi les violences psychologiques sont-elles reconnues au travail sous le nom de harcèlement moral et non pas dans le couple ?

Pourquoi la solidarité nationale ne se décline-t-elle pas financièrement auprès des victimes les plus démunies ?

Pourquoi une femme qui se sent menacée ne peut-elle bénéficier d’une protection urgente ?

Pourquoi sont-elles si peu à porter plainte ( 8% des femmes de 20 à 59 ans victimes de viol*) ?

Il est temps que la France adopte un ensemble de mesures intégrées et globales pour combattre ce fléau social, comme l’ont fait l’Espagne et la Suède.

Le Collectif national pour les droits des Femmes, soutenu par d’autres associations féministes, a rédigé une proposition de loi-cadre pour combattre ces violences, qui a été déposée sur le bureau de l’Assemblée par le Groupe de la gauche démocratique et républicaine.

Pour signer la pétition cliquer ICI



* Chiffes de l'enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (Enveff).

samedi 29 mars 2008

Ces petits rien qui nous empoisonnent.

Un de mes clients cherchait une idée de livre à offrir pour une personne de son entourage qui s'intéresse un peu à tout... Il voulait une sorte de dictionnaire encyclopédique qui couvre un large champs de connaissance sans être généraliste dans les explications ni trop volumineux et bien sur pas trop cher.

je lui pose la question suivante:

Moi: Est ce qu'elle aime l'étymologie ou plus généralement l'évolution et l'usage de la langue française? ( en vue de lui conseiller le dictionnaire historique de la langue française chez Robert publié en format poche à 64€)

Le client: Elle!!! (hurlé si fort que tous les clients de la librairie se sont tournés vers nous) Pourquoi vous dites elle!! (ton indigné) C'est pas une femme!

Moi (une fois la stupéfaction passée): J'utilise "elle" pour remplacer le nom féminin personne que vous avez vous même employé pour parler de votre ami.
Maintenant, même si je m'étais effectivement trompée sur son genre, je ne vois pas en quoi cela justifie votre indignation?

Le client (à peine audible): Vous avez raison, excusez moi, je ne l'avais pas compris comme ça.

C'est bien ça le problème, féminiser un homme ou parler de lui comme on parlerait d'une femme reste dans l'usage une insulte, une humiliation et demeure un symbole ultra péjoratif.

vendredi 28 mars 2008

Dernier rappel

Plus que 3 jours pour voter pour mon Blog au concours Festival de Romans, Expression sur Internet.

Je me suis inscrite dans la rubrique Blog politique/Expression citoyenne.

Les 10 premiers Blogs a avoir reçu le plus de votes seront sélectionnés pour participer à la "finale"

Pour voter vous pouvez cliquer ici, sélectionner mon Blog (petit déjeuner chez valérie Solanas), cliquer sur fiche détaillée et aller sur "voter pour ce Blog".
On vous demandera une adresse mail valide sur laquelle il vous sera envoyé un mail de confirmation.

J’ai besoin de votre soutien!

Merci à tous.

Festival de Romans
Recommandé par des Influenceurs

Florence Foresti - La suite... J'aime pas les filles

Florence Foresti - j'aime pas les garçons...

Extrait de son spectacle!

lundi 24 mars 2008

Tu m'as vu quand t'as bu



Maria a failli mourir des coups reçus par son mari. Il a été condamné à 13 mois de prison par la justice britannique.

Mais laisse toi faire un peu on t'a dit!!!

Au XIXème siècle, on admettait qu'une femme avait été violée uniquement si elle présentait des blessures évidentes de son agression (il fallait aussi que sa virginité avant le viol soit établie sinon ça ne marchait pas ou qu'elle ne soit pas encore arrivée à l'âge de la maturité sexuelle qui était fixée à l'époque à 11 ans, loi du 28 avril 1832).

Depuis la loi a évolué mais on continue d'entendre beaucoup d'âneries sur les viols, ceux qui les commettent et les victimes (elle était habillée en jupe, c'était un appel au sexe, il n'a fait que satisfaire une pulsion naturelle! ou bien que faisait elle, seule, à une heure avancée dans la rue? Ne le recherchait elle pas un peu inconsciemment?)

Le législateur et son système judiciaire ont toujours eu du mal à comprendre le viol pour ce qu'il est réellement, un acte évident de domination, une perversion de notre système sociale qui impose à chaque individu de tenir un rôle de dominant ou de dominé et surtout pas une fatalité.

Julio Fernandez, juge d'une petite bourgade de la pampa en Argentine, a pris le parti de comprendre le viol comme un crime inéluctable et fort de cette conviction, a décidé de ne pas considérer l'utilisation d'une arme dans le cas du viol d'une jeune femme comme une circonstance aggravante.

Son raisonnement est simple, quand le violeur utilise une arme il a moins recours à la violence physique à proprement parlé, la victime se soumet plus facilement et cela lui évite de se prendre des coups et même dans bien des cas de mourir!

La victime présentait néanmoins des ecchymoses autour du cou (ah oui, il faut un minimum de marques, sinon on n'est pas sur du viol!). Le juge estime que même si ces traces sont symptomatiques du viol, elles ne veulent pas dire que la femme ait été battue, elles sont la conséquence logique de la résistance qu'a pu opposer la victime en se débattant!

Pas de maltraitance excessive donc qui va profiter au violeur puisqu'il sera condamné à 13 ans de prison (au lieu des 20 ans prévus).

Cette affaire date de 2005, vous pouvez retrouver les details en cliquant sur le lien (et à condition de parler espagnol) : http://pdf.diariohoy.net/2005/04/19/pdf/u08-tu.pdf
ou sur le blog d'un français en Argentine: http://blog.argentine-news.com/?p=636

dimanche 23 mars 2008

Quand les moches deviennent des héroïnes...

La laideur a toujours été la caractéristique du mal, de la fourberie, de l'hypocrisie, de la jalousie, de la traîtrise. Chez une femme, c'est un sacrilège, une insulte à l'humanité, un manquement à son devoir de femme. Un stigmate de sa mauvaise nature, une punition divine pour avertir les autres qu'ils ont à faire à un être vil, la conséquence d'une vie mal menée. La femme laide, c'est une créature maléfique de la mythologie grecque, c'est une sorcière, une prostituée, une belle mère acariâtre. Perçue comme un châtiment pour mauvaise conduite, la laideur se mérite, c'est la conséquence d'une mauvaise action.

Sa place dans la littérature en était assez limitée, mais c'est vrai que l’image de la femme ne supportait pas de nuance, ou c'était un monstre ou bien une princesse de conte de fée. Un modèle de vertu, belle comme le jour ou une dévergondée, poilue et infirme.

En même temps qu'on a arrêté de croire aux sorcières, la femme laide a arrêté de faire peur. Elle ne suscite plus de mépris mais de la pitié. Ce n'est plus la marque d'une justice divine mais d'une injustice de la nature. Un manque de bol, une croix à porter. Elle est devenue une pauvre fille, condamnée au rôle de faire valoir, la moche de service, son existence n'émeut pas et n'intéresse personne

Une femme moche, même si ce n'est pas de sa faute n'a rien de grandiose, ne vaut pas qu'on se déplace pour elle et doit faire preuve d'une grande gentillesse et d'une grande intelligence pour qu'on l'écoute (parler de la jolie fille!).

Construire une histoire autour d'une femme moche, en faire son héroïne, lui attribuer un autre intérêt que celui de la pauvre petite qui vit par procuration, c'est une révolution!

Elles ne sont pas légion dans la littérature française (Antigone d’Anouilh, « la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans sa famille », Thérèse Desqueyroux qui bien qu’ayant tenté d’empoisonner son mari, n’en reste pas moins une victime des conventions bourgeoises).

Un peu plus représentée au cinéma, la femme moche reste bien souvent un personnage comique dont on se moque volontiers de ses déboires amoureux (Nuit d’ivresse avec Josiane Balasko, Ma vie est un enfer toujours avec Josiane Balasko, et Muriel, tête de Turc Officielle, Sur Mes Lèvres, un film avec Emmanuelle Devos, on échappe à la caricature de la fille un peu gauche).


Dans les séries TV, on se souvient de Tori Spelling dans Sauvés Par Le Gong, petite amie de Skreech, aussi sexy que lui avec son rire de porcelet, elle ne fait que de petites apparitions, complètement négligeable!

Et puis il y a le personnage de Betty la fea (comprendre Betty la moche), véritable phénomène de la Télévision Colombienne, cette série a été adapté dans plus de 70 pays.

Cette jeune femme, laide avec son appareil dentaire, ses lunettes double foyers, ses vêtements de grand-mère et ses kilos superflues, est engagée dans un grand magazine féminin de mode pour recadrer le rédacteur en chef qui avait l’habitude de coucher avec toutes ses assistantes!

Bien sur, au début on ne sort pas des clichés, elle est timide, maladroite (elle se casse la figure un nombre incroyable de fois) elle est méprisée par les autres femmes du journal et moquée par les hommes.

Ce qui est surprenant, c’est que Betty fait front, elle ne part pas en courant chez elle pour manger devant la télévision, elle travaille dure. Elle s’impose au fur et à mesure des épisodes, sans céder à la tentation de faire un régime ou demander les conseils d’un styliste. Elle s’assume, consciente du décalage entre elle et les autres filles, elle n’a pas honte et garde son sourire, elle n’a même pas l’idée d’être jalouse!

Dans un milieu dominé par l’apparence, elle réussi à se faire respecter pour elle, ses compétences, sa gentillesse, son travail.

Un vrai bouleversement pour l’image de la femme!

vendredi 21 mars 2008

Le misogyne du mois de mars 2008 est...(et carrement misandre aussi)

Le misogyne du mois de mars 2008 est....

Eric Zemmour (impossible de ne pas le nommer) pour son livre le Premier Sexe.

A celui de misogyne du mois de mars, on peut rajouter également le titre de misandre de l'année ( oui, je le réservais à Valérie Solanas mais je dois dire qu'à la lecture de son livre j'ai du réviser mon jugement!)

Éric Zemmour est nostalgique du bon vieux temps où les hommes étaient des vrais mecs, des brutes guidées par des instincts de mort à la recherche de leur bon plaisir, des hommes qui n'avaient pas honte de leur virilité et qui offraient leurs femmes à leurs compagnons en les tirant par les cheveux!

Que sont devenus les hommes selon Éric Zemmour? Des "lopettes" qui reconnaissent et s'occupent de leurs enfants, qui leurs donnent le biberon, changent les couches et aiment ça! Des "tarlouzes" qui tombent amoureux, font l'amour à leurs femmes plutôt que de les sauter, cherchent à se mettre en couple par amour, s'épilent les dessous de bras pour les séduire, les respectent et préfèrent le dialogue à la violence.

P32 et 33 on peut lire: "Le poil est une trace, un marqueur, un symbole. De notre passé d'homme des cavernes, de notre bestialité, de notre virilité. De la différence des sexes. Il nous rappelle que la virilité va de pair avec la violence, que l'homme est un prédateur sexuel, un conquérant"

P 67: "Dans les sociétés patriarcales traditionnelles, on avait pris actes de cette dichotomie ( N d A: division entre mariage et vie sexuelle) Il y avait les épouses pour le mariage et les enfants; les maîtresses pour l'amour; les courtisanes et le bordel pour le plaisir. Chacune de ces femmes faisait un sacrifice: l'épouse avait la sécurité et le statut social, le respect, mais rarement le plaisir et le romantisme des sentiments; la maîtresse, courtisane ou non, avait celui-ci et parfois même le plaisir, mais pas la sécurité ni le statut social ; la prostituée semblait la moins bien servie mais elle avait l'argent, parfois elle avait même l'amour...
Seul l'homme parvenait, ravi, à rassembler ce kaléidoscope; il avait tout ce dont il rêvait mais en plusieurs personne. Et ça l'arrangeait"

Éric Zemmour regrette le temps béni où la femme n'avait rien à dire en dehors de son foyer, Il applaudit la Révolution française d'avoir avorté son émancipation, p91: "Ainsi, quand on nous serine aujourd'hui que la France est en retard, qu'elle n'a donné le droit de vote aux femmes qu'en 1944, que notre classe politique est la moins féminisée d'Europe, on fait fausse route: nous sommes en retard parce que nous fûmes en avance; la République a renvoyé les femmes à leurs casseroles parce que la monarchie les en avait sorties"

Selon Éric Zemmour nous vivons une période détestable où l'homme (toujours le vrai) oublie qu'il doit dominer les autres, subordonner ses voisins (nostalgique de la période coloniale de la France?), faire la guerre, être violent et autoritaire! C'est dans son instinct de mâle d'être ce que les femmes appellent un sauvage!

Je suis sure que les hommes (les faux donc) apprécieront ce joli portrait!

Tu m'as vu quand t'as bu?


jeudi 20 mars 2008

Pourquoi les hommes sont violents avec les femmes???

Les raisons de ces violences ne sont pas évidentes.

Répondent elles à une véritable prise de position sur la condition de la femme ou sont elles simplement une "mauvaise habitude"? Sont elles perçues comme une évidence par leurs auteurs, dans le sens où se sont ils déjà demandés s'ils pouvaient faire autrement ou est ce du mimétisme? Ont ils des remords? Savent ils que c'est mal ou s'en moquent ils?

Parce qu'il est important de comprendre et donc d'écouter ce que les hommes pensent de leur comportement, de leur violence envers les femmes, j'invite chacun à me laisser son témoignage en commentaire.

J'en trouve également sur la toile:

voici un extrait de l'article "Les violences conjugales face à la loi du silence : de quel droit bat-on son épouse ? " publié le 10 mars 2004 sur le site Matin.org :
http://www.lematin.ma/Actualite/Journal/Article.asp?origine=jrn&idr=116&id=38126

"Rachid, employé âgé de 35 ans, avoue qu'il n'a plus besoin de frapper sa femme après l'avoir battue dès les trois premiers jours du mariage :
«Dès la première nuit de noces, j'ai annoncé la couleur à ma femme pour qu'elle sache à quoi elle doit s'attendre.
Je l'ai frappé et continué à la frapper chaque fois qu'elle conteste une de mes décisions. Je me suis toujours dit : dès le premier jour qu'on tue définitivement le chat.
Aujourd'hui, ma femme a bien compris la leçon et elle est devenue très compréhensive. Je mène une vie paisible et tranquille avec elle»."

Les femmes en chiffre

Selon le rapport de L'Enveff (enquête nationale sur la violence envers les femmes en France) publié à la Documentation Française en 2003, 50 000 femmes agées entre 20 ans et 59 ans subissent un viol chaque année.

50 000 femmes par an dont moins de 2% aboutissent une condamnation aux assises.

LES IMAGES QUE VOUS ALLEZ VOIR SONT TRES CHOQUANTES****MINEUR S 'ABSTENIR


J'ai découvert le site de l'organisation non gouvernementale Fontaine d'Espoir pour Filles et Femmes crée par des femmes de la république démocratique du Congo (ancien Zaire)
Les femmes sont victimes des pires atrocités et ceci dans l'indifférence quasi-générale: viols, coups, insultes, obligées de se prostituer, exclues du monde du travail, de l'éducation, victimes d' avortements forcés et la liste est longue.
les photos ci dessous sont publiés sur le site et ne sont qu'un aperçu de ce qu'elles vivent:



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(JE LE RÉPÈTE, LES PHOTOS SONT EXTRÊMEMENT DURES, SI TU ES UN ENFANT NE REGARDES PAS)
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mardi 18 mars 2008

Dans la peau d'une femme

Je rigole doucement quand je vois mes amis hommes, hétérosexuels, (oui l’amitié homme, femme est possible!) se préparer à sortir pour la Scream (une soirée fameuse à Paris en 1999).

Je souris intérieurement parce que même s’ils connaissent l’orientation sexuelle de cette soirée (gay pour ceux qui ne l‘auraient pas compris), ils ne savent pas ce qui les attendent. Je les vois se poser des questions existentielles sur la couleur du T-shirt à porter, s’appliquer sur la coupe de cheveux et se dire que finalement le font de teint a beaucoup d’avantage pour masquer les cernes.

Je sais ce qu’ils attendent de cette soirée, passer un bon moment, danser sur de la bonne musique, flirter avec des inconnues et plus si affinité et ce qu’ils vont « subir » en réalité.

Toutes les femmes le savent.

La sollicitation d’hommes qui ne sont pas à leurs goûts, qui leurs reprochent d’être venus saper comme des putes alors qu’ils ne peuvent pas les draguer.

Les leçons de morale, ( c’est bien fait pour ta gueule si tu te prends une main aux fesses, t’avais qu’à pas venir!, Comment ça je ne peux pas te mater en train de pisser, t‘es venu pour quoi alors??)

Les tentatives inespérées pour arriver à leur fin, (je peux te trouver un boulot dans la pub si tu veux, je connais personnellement Frédéric Beigbeder).

Les dragues lourdes qui se poursuivent jusqu’à l’entrée des toilettes. L’obligation d’être disponible au premier connard venu.

La sexualisation systématique de tout rapport avec autrui.

Une simple discussion qui se transforme en bras de fer (puisque je te dis que je n’ai pas envie de venir partouzer chez toi avec tes potes!)

L’impossibilité de danser tranquillement sans se faire encadrer par quatre gars en chaleur, la sensation vague d’être un « prix » à remporter.

Les mecs qui parlent de toi à la troisième personne à leur copains alors que tu es juste à coté.

La brutalité des hommes à qui tu as dis non et qui ne comprennent pas que même si tu es venu à la soirée en tout état de cause, tu n’es pas venue pour lui en particulier.

Et à la fin de la soirée, la prise de conscience de mes amis, enfin, : C’est comme ça pour les filles dans les boites hétéros??