dimanche 2 novembre 2008

Le misogyne du mois de novembre 2008

Pierre Joseph Proudhon

Pierre Joseph Proudhon (1809-1865), figure de l'anarchisme français, célèbre pour ses phrases comme : "La propriété c'est du vol!" ou "l'anarchisme c'est l'ordre sans le pouvoir", a passé sa vie à défendre les libertés individuelles et à imaginer un nouvel ordre social plus juste... essentiellement pour les hommes.


Il avait une idée précise de la place de la femme dans sa nouvelle société qu'il détaille dans son livre De La Justice Dans La Révolution (1858) et dans Pornocratie Ou Les Femmes Dans Les Sociétés Modernes (1875, oeuvre posthume) dont voici un passage: " Je dis que le règne de la femme est dans la famille; que la sphère de son rayonnement est le domicile conjugal; que c'est ainsi que l'homme, en qui la femme doit aimer, non la beauté, mais la force, développera sa dignité, son individualité, son caractère, son héroïsme et sa justice (...)".


La question de la femme intéresse surtout Proudhon dans l'organisation du couple, la confinant dés le départ dans la sphère privé du foyer. "Quant aux choses du dehors" comme il les nomme, la politique, les fonctions judiciaires, policières, gouvernementales (etc), il ne les veux pas pour la femme parce qu'elle ne sied pas à sa beauté.


Il considère que l'homme a une prédominance sur la force et la femme sur la beauté (on peut se demander en quoi ces deux critères sont important dans l'organisation de sa nouvelle société plus libre et plus juste envers la population) et qu'à ce titre ils peuvent être équivalent mais pas égaux, "l'infériorité de cette dernière était par conséquent irrémédiable".
Dans sa vision, l'homme est "un législateur, père de famille, philosophe, économiste, moraliste" et la femme "une créature raisonnable et morale, compagne de l'homme."


Les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas pour lui uniquement d'ordre génital lié à la reproduction ou simplement physique; les femmes n'ont pas les même facultés intellectuelles ou morales que les hommes. La nature l'a doté d'un cerveau plus petit, elle en est forcement plus bête, moins apte à la réflexion. (on se souviendra qu'en 1849, Samuel Morton "scientifique" américain avait entrepris de classer les "races" humaines en fonction du volume du crâne pour justifier la condition inférieure des populations noires) . "Elle (la femme) ne deviendra jamais un esprit fort. (...) La nature, comme je l'ai dit, l'a enchaînée, dans son développement même, à la beauté; c'est sa destination, c'est, pour ainsi dire, son état".


Selon lui, "toute déviation de l'être engendre maladie ou difformité. (...) Une femme qui exerce son intelligence devient laide, folle et guenon;".

Bref, Pierre Joseph Proudhon était bien un homme de son temps, anarchiste et socialiste parce qu'il était né du côté des pauvres, un "militant" pour échapper à sa condition, aussi violent et réactionnaire que ses ennemis mais tout simplement pas du même côté. A son palmarès on ajoutera également celui d'antisémite; il voyait les juifs comme "l'ennemi du genre humain" qu'il fallait exterminer "par le fer ou par le feu" et se faisait de cette haine, une profession de foi politique.

Il ne déméritera pas du titre de Misogyne du mois de novembre 2008

2 commentaires:

Marie-Georges Profonde a dit…

Comme quoi, la misogynie traverse aussi les courants politiques progressistes, hélas !! Cela dit le 19è n'était pas le siècle le plus sympa pour les femmes... (Moi ce que j'aime chez Proudhon, c'est qu'il s'est fait portraituré par Courbet !)

chimère apprivoisée a dit…

fascinant :)

merci beaucoup, je ne peux plus me laisser aller à croire que les féministes intelligentes sont une espèces en voie de disparition. en danger oui.

le temps est un paramètre incompressible, malheureusement...

quoi que...