lundi 2 juin 2008

La justice est aveugle

Tout le monde a parlé ou parle encore de l'annulation du mariage prononcée récemment par le tribunal de grande instance de Lille. Le fiancé a utilisé l'article 180 du code civil pour pouvoir "répudier" sa nouvelle épouse qui a menti sur une de ses "qualités essentielles" exigée pour célébrer cette union à savoir sa virginité.

Même si le juge n'a pris en compte que le mensonge pour rendre sa sentence, on ne peut pas passer à coté des motivations religieuses de l'ancien mari et sa vision misogyne de la femme (qui n'est plus considérée comme pure à partir du moment où elle a pu avoir des relations sexuelles avant de connaître son fiancé)


La loi, notre loi en raison de ses imprécisions et de ses procédures trop strictes peut donner raison et défendre des points de vus sexistes. C'est sous son autorité qu' une de nos concitoyennes se retrouve humiliée et rabaissée.

Ce n'est pas la première fois qu'on se retrouve devant une affaire hallucinante où la justice se trouve prise au piège par ses propres lois.

Une femme, Aynour B. est hospitalisée en 2003 après avoir été victimes de violences de la part de son mari. Elle porte plainte et se réfugie avec ses deux enfants auprès de l'association Sedire. Une information judiciaire est ouverte à l'encontre de son mari qui retourne vivre dans son pays natal pour échapper à l'instruction. La plainte est classée sans suite et trois ans après les faits, alors que le divorce est toujours en cours, le mari revient en France et cherche à retrouver sa femme. Il se tourne vers l'association qui a aidé son épouse pour connaître sa nouvelle adresse en invoquant son droit le plus stricte de voir ses enfants et d'exercer sur eux son droit de surveillance. L'association au vu du caractère violent du mari et du danger manifeste qu'encourt son épouse refuse bien évidemment de lui donner.

Il porte plainte contre sa femme et l'association Sedire pour soustraction d'enfant et obtient gain de cause. Même si l'association représentée par son ancienne directrice Mauricette Sauvigon a été relaxée, la cour de justice de Dunkerque a condamnée sa femme à trois mois de prison avec sursis et 800 euros d'amende.


Sans parler de l'immoralité evidente du mari qui n'a pas l'ombre d'un sentiment de culabilité, il ne faut pas oublier son avocate! Déontologiquement une avocate est tenue de défendre n'importe quel accusé mais pas d'accompagner le premier salopard venu dans sa demarche malhonnête de profiter des faiblesses du système.


2 commentaires:

Marie-Georges Profonde a dit…

C'est hallucinant, cet encouragement aux enfoirés procéduriers ! Qu'est-ce que c'est que ce jugement, ils n'ont pas tenu compte de la situation de la femme ?! "Classé sans suite" veut dire on efface tout ? Vive le délit de fuite alors.

Madelaine a dit…

c'est un peu ça. Je suis ecoeurée par l'attitude du mari violent qui se croit dans son bon droit, mais aussi par celle de son avocate qui se rend complice en acceptant d'accompagner ce "type" dans sa demarche hallucinante de poursuivre la femme qu'il a battu et l'association qui l'a soutenu, justement parce qu'elle a mis fin à son calvaire. Y'a des fois où je n'aimerai pas être à la place du procureur de la republique et du juge qui doivent se sentir tres mal devant une affaire comme celle là.