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mercredi 29 octobre 2008

Aurais-tu préféré que ce soit justement?*


"Un esprit noble "engrandit" le plus petit des Hommes" Jebediah Springfield**


L'Histoire compte beaucoup de martyrs, de kamikazes plus ou moins conscients de leurs sorts et d'un nombre considérable de personnes mortes ou emprisonnées pour une idéologie, une nation ou une religion.

Mais certaines d'entre elles sont remarquables pour ne pas s'être dérobées à leurs condamnations à mort alors qu'elles en avaient l'occasion et d'être restées loyales jusqu'au bout à leur principe. C'est le cas de Marie Gouze dite Olympe De Gouges.

Quasiment inconnue des livres d'Histoire et des programmes de littérature, Olympe de Gouges était pourtant une grande figure de la révolution française dont le combat politique et humaniste a été tragiquement interrompue par le couperet de la guillotine le 3 novembre 1793.

Sa vie est assez originale, née à Montauban dans une région où on parlait encore à l'époque un mélange de vieux français et d'occitan, elle savait dans sa jeunesse à peine lire et écrire. Elle deviendra néanmoins une grande femme de lettres, auteure de dix sept pièces de théâtre et de plus d'une cinquantaine d'écrits politiques. Consciente de son peu de disposition à l'écriture, elle préférait dicter ses pensées à un secrétaire et était capable de concevoir et de terminer une pièce en une nuit.

Avant-gardiste dans ses choix de vie, elle s'est retrouvée veuve à dix huit ans et refusa de s'enfermer dans une vie domestique et de se remarier.
Souvent perçue ou réduite à une simple courtisane, elle fut pourtant la première de son temps à militer pour l'abolition de l'esclavage (réflexion sur les hommes noirs, 1788) et pour le droit des femmes (déclaration des droits de la femme et de la citoyenne 1791). Honnête et spontanée elle a systématiquement assumée et revendiquée ses idées y compris dans les moments où elles n’étaient pas bien vues.

Ainsi en 1792, elle se propose de défendre Louis XVI lors de son procès, considérant que « le sang même des coupables, versé avec cruauté et profusion souille éternellement les Révolutions ». Sa candidature est bien sure rejetée et attire sur elle le mépris des révolutionnaires.

En 1793, la révolution prend un nouveau tournant, plus radical envers ses opposants et beaucoup d'amis d'Olympe de Gouges se font arrêtés. Elle décide de contre attaquer en publiant les Trois Urnes, (pamphlet où elle dénonce la dictature et le régime de Terreur que Robespierre met en place) non sans avoir écrit avant son testament politique où elle annonce: « j’ai tout prévu, je sais que ma mort est inévitable ». Elle est effectivement arrêtée et incarcérée le 20 juillet de la même année à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés puis à la prison du Chemin Vert où la liberté offerte à ses occupants leurs laissaient la possibilité de s’évader. Elle écrit d’ailleurs à ce sujet à son fils: « j’ai été libre comme chez moi. J’aurais pu m’évader; mes ennemis et mes bourreaux ne l’ignorent pas. Mais convaincue que toute la malveillance réunie pour me perdre ne pourrait parvenir à me reprocher une seule démarche contre la Révolution, j’ai moi-même demandé mon jugement ».

Le tribunal révolutionnaire va la condamner à mort, pour avoir été trop proche des Girondins et d’être une femme qui s’occupe de politique.
Ils vont se servir de son exécution pour prévenir les autres femmes qui pouvaient avoir quelques ambitions de rester à « leur » place. Dans un journal, La Feuille du Salut Public du 17 novembre 1793, ils préviennent: « Olympe de Gouges, née avec une imagination exaltée, prit son délire pour une inspiration de la nature. Elle commença par déraisonner et finit par adopter le projet des perfides qui voulaient diviser la France: elle voulût être homme d’état et il semble que la loi ait puni cette conspiratrice d’avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe »

Le jour de son exécution, Olympe de Gouges a prononcé ces dernières paroles: « Enfants de la patrie, vous vengerez ma mort » témoignage de sa foi inouï en l’être humain, convaincue de la légitimité de son combat et de sa victoire prochaine.

Il est triste de constater que la pauvre Marie-Olympe de Gouges est loin très loin d’être « vengée ».

* phrase de Socrate à Xanthippe qui n'acceptait pas la condamnation à mort de Socrate
* *Le vrai faux héro, 16ème épisode de la saison 7 des Simpson

lundi 27 octobre 2008

t'es toujours vivante non?

Voici des chiffres un peu vieux puisqu'ils datent de 1996 (mais je n'en ai pas trouvé de plus récent) sur le nombre de plaintes pour viol dans notre si beau pays:

Selon les statistiques du ministère de l'intérieur sur 7191 plaintes pour viol, il y a eu 1238 condamnations, soit 17,2%. Ce qui veut dire que 83,8 % des plaintes n'ont pas été suivies de condamnation.

Dans 83,8% des cas, le ou les agresseur(s) s'en sont sortis sans avoir à répondre de leurs actes.
Bien sur on peut considérer que sur ces 7191 plaintes, certaines ne devaient pas être justifiées, mais 83,8% me semble un chiffre assez irréel pour que cette explication suffise.


Si on prend en compte que seul 1 viol sur 4 fait l'objet d'une plainte (selon les actes des Assisses nationales contre les violences envers les femmes, 2001), on arrive à peine à prendre la mesure du nombre d'agresseurs qui s'en sortent, sans se soucier de leur crime, libre et confiant.


Quand j'ai voulu porter plainte pour harcèlement, menaces de mort et agression physique légère contre mon ex, le policier m'a gentiment confié qu'il valait mieux renoncer, que la plainte serait sûrement classée sans suite (ce qui a d'ailleurs été le cas) ou n'aboutirait pas à un condamnation et que cela risquerait de donner à mon psychopathe d'ex un sentiment d'impunité qui ne pourrait que l'encourager à recommencer.


Selon lui, mieux valait le menacer de porter plainte mais de ne pas le faire vraiment, car il n'y a rien de plus encourageant qu'une plainte qui ne sert à rien. Si la justice ne peut rien faire pour toi, autant ne pas faire appel à elle.


J'avais néanmoins les moyens de prouver mes dires (sms, témoins auxquels il faut ajouter les antécédents du psychopathe en question) je ne me suis pas présentée avec ma seule parole.
Pour que la justice se bouge m'a t-il dit, il faut que l'affaire soit grave (comme mourir dans d'affreuses souffrances ou être assez riche pour se payer un bon avocat). Autant dire que mes anciennes histoires de "fesses" (dixit le policier) n'étaient pas assez importante pour motiver le procureur de la république à poursuivre mon agresseur.

Si on considère les paroles de ce policier et les chiffres du ministère de l'intérieur, il faut croire que cela doit souvent être le cas pour les affaires de viols (sans parler des "simples" agressions sexuelles). Mais bon comme il me l'a fait remarquer, je suis toujours vivante non?

dimanche 19 octobre 2008

Derrière le voile

Raphaël, La femme voilée

Il faut savoir prendre le temps de la réflexion. Reconnaître qu’on est allé trop vite, écouter et prendre du recul. Reconnaître aussi ses erreurs de jugement et les rattraper le mieux possible. C’est le sentiment que j’ai eu sur mon billet « En basket et en Hijab ».

Je n’avais pas accepté la présence d’une femme voilée dans un club de gym. J’avais comme un bon nombre de mes concitoyennes un avis plus que défavorable sur le Hijab. Avant d’être la marque d’une appartenance religieuse je le voyais surtout comme l’acceptation d’une place à part de la femme, stigmate de sa soumission. La jeune femme qui était venue faire du sport voilée présentait pour moi des signes évident de schizophrénie, une sorte de soumission librement consentie. Pourquoi venir faire du sport, transpirer pour perdre du poids, avoir la meilleure image possible de soi si c’est pour laisser les autres vous imposer la règle de vous cacher. Puisque le voile n’est réservé qu’aux femmes, il marque le genre, son genre et contribue à la ségrégation et à l’iniquité.


Et puis je me suis imaginée cette même jeune femme voilée venir chez moi, ouvrir les placards de mon appartement et me montrer du doigt mes chaussures à talon et mes sacs à main et me dire: Et ça qu’est-ce que c’est selon toi ? Si je me regarde de loin dans un miroir je ne vois qu’une femme dans la plus pure acceptation de son genre: des cheveux longs, un regard souligné par de l’eye liner, un manteau serré à la taille, un jean coupe « fille » et mes fameuses chaussures à talon.

J’avais depuis longtemps accepté ce paradoxe pour les femmes occidentales, considérant qu’on ne pouvait pas tout effacer (son éducation et son identité) en un coup de baguette magique, qu’un long chemin restait à parcourir et que l’état d’esprit prévalait sur sa propre représentation.

Pourquoi ne pas avoir tenu le même raisonnement pour la jeune femme voilée? Le voile ne reste qu’un accessoire en tissu parmi tant d’autres à la disposition des femmes et si on veut bien sortir de l’image tristement émouvante de la jeune fille voilée de force, il me parait plus raisonnable de considérer le port du Hijab comme un choix personnel. Est-ce un réflexe pathétiquement ethnocentriste de ne pas accepter ce qui est loin de sa propre culture? Pourtant je n’ai pas le même regard critique sur le traditionnel sari des femmes indiennes qui parfois ont aussi un voile sur la tête.

Ma réaction répond tout simplement à un sentiment d‘islamophobie générale. En d’autres termes, je n’ai pas toléré cette jeune femme voilée parce qu’il est largement sous entendu dans nos sociétés que l’islam est une religion archaïque, violente, dangereuse et misogyne. C’est-ce discours insidieux que j’ai assimilé comme la stricte vérité et qui s’est exprimé face à cette jeune femme.


Je regrette sincèrement mon attitude. Je ne partage pas ce point de vue.

Il ne faut pas qu’une cause légitime et universelle comme le droit des femmes serve à taper sur une communauté religieuse et soit utilisée comme une bonne excuse pour condamner l‘autre. La misogynie n’est pas l’expression d’un sentiment religieux quel que soit la religion en question. Elle est avant tout un fait, un comportement qui concerne tout le monde.

lundi 30 juin 2008

Une autre exigence du Féminisme (vieux texte que je réedite pour la marche des fiertés)


Comme le rappelle Pierre Bourdieu, la domination masculine est insidieuse, elle passe quasiment inaperçue. Ce n’est plus une théorie ou un concept, c’est un comportement qui s’inscrit dans l’inconscient collectif. Nous l’avons intégré comme structure évidente dans nos rapports hommes-femmes. Une femme sourit toujours quand on l’interpelle dans la rue et un homme boit son verre de tequila cul sec. Nous sommes conditionnés à prendre le rôle d’un dominant ou d’un dominé.


La mise en lumière de cette injustice et le combat mené pour nos droits renversent petit à petit la situation, mais comment lutter efficacement contre un ennemi invisible ? Comment identifier les mauvais comportements ?


L’homophobie consiste, très simplement, à détester les homosexuel(les).

Dans le cas de l’homosexualité masculine, le comportement passif d’un homme est vécu comme un sacrilège. L’idée qu’un homme ose prendre la place traditionnelle de la femme et qu’il se fasse prendre comme elle, répugne. Il perd son statut d’homme, de dominant. Il devient donc une femme, une honte pour les autres hommes qui ne le respectent plus. L’homosexualité dans le milieu carcéral est très représentative de ce système de valeur. Un homme actif reste un homme et conserve sa dignité, l’homme passif est assimilé à une femme, à un soumis, un esclave sexuel à la disponibilité des autres. Ici ce n’est pas vraiment la sodomie qui est remise en cause mais qui fait quoi.

L’homosexualité féminine n’attise pas autant de haine, à première vue. Les lesbiennes restent un phantasmes pour la grande majorité de la population masculine hétérosexuelle. Selon ce phantasme les lesbiennes sont des bombes sexuelles qui s’ennuient à la maison et passent le temps en attendant le retour prodigue de l’homme. Elles en ont le droit si c’est devant une caméra et pour son bon plaisir. Mais si la femme n’est pas disponible sexuellement pour un homme, elle a alors un comportement contre nature. Parce qu’elle a oublié à qui elle devait s’offrir, elle devient l’objet de haine et de répression.

L’homophobie est une manifestation typique inconsciente de la domination masculine. Elle prend sa source dans une vision très péjorative de la femme, ce n’est rien d’autre que de la misogynie camouflée. Chacun doit rester à sa place parce que la place de la femme est détestable pour un homme et qu’elle n‘a pas le droit de se soustraire à son désir. Autoriser le mariage pour les homosexuelles ou le droit d’adopter des enfants remettrait en cause ce schéma séculaire où la femme n’existe que par l’homme, une autre exigence du féminisme.

mercredi 25 juin 2008

Les Gouines Rouges

Mouvement radical féministe lesbien, les Gouines Rouges sont fondées en 1971 à l'initiative des lesbiennes du MLF (Monique Wittig, Marie-Jo Bonnet ou Christine Delphy pour ne citer qu'elles). Ces femmes n'avaient à l'origine pas d'autres revendications que d'exister, de vivre leur amour au grand jour, de sortir du silence et de ne plus avoir honte. Elles voulaient s'affranchir en se rendant visible, affirmer leur homosexualité comme choix politique et plus comme une quelconque malédiction.

« Il y a des homosexuelles sur la scène mais il y en a aussi dans la salle. Si nous montons sur scène, c'est parce que nous n'avons plus honte de nous. On nous a enfermées dans le silence, on nous a insultées parce que nous refusons de nous soumettre à la loi des phallocrates et des hétéroflics. Nous sommes fondamentalement subversives. Nous sommes homosexuelles par choix de jouissance. Notre jouissance n'est ni une masturbation à deux, ni un infantilisme psychosexuel, ni une caricature des rapports hommes-femmes. Nous sommes créatures de jouissance en dehors de toute norme. Nous sommes lesbiennes, et nous sommes heureuses de l'être. »
Les Gouines Rouges, in Gulliver n°1, novembre 1972.

Même si le groupe n'a survécu que quelques années, sa présence au sein même du MLF va marquer et transformer la pensée féministe jusqu'ici plutôt tournée vers des reformes (néanmoins nécessaires: contraception, IVG, nouvelle pénalisation du viol, égalité salariale etc..). Les gouines rouges vont lui donner une nouvelle direction, la conduire vers une nouvelle façon de concevoir les femmes, elles vont déconstruire son mythe.

De cette expérience avec les féministes du MLF, ces "nouvelles" homosexuelles, vont acquérir une certitude, l'opposition entre hétérosexualité et homosexualité ne sert à rien, et ne se justifie pas. La limite qui existe entre ces deux façons de vivre devient très floue une fois les conventions sociales dépassées. L'idée que l'identité sexuelle se construit par rapport à une norme (ici l'hétérosexualité) imposée par la domination masculine fait son chemin, c'est la Pensée Straight de Monique Wittig (publié en 1992 et récemment réédité aux éditions Amsterdam).
L'hétérosexualité n'est pas "naturelle" et ne va pas de soi, les différenciations des sexes se sont construites autour de cette norme et pour cette norme. Monique Wittig ira jusqu'à dire que la lesbienne n'est pas une femme et qu'elle n'aime pas une femme parce qu'elle vit au delà de ces principes communément admis, elle échappe au deuxième sexe. La libre disposition de notre corps était une revendication qui a fait l'unanimité chez toutes les femmes révoltées de l'époque mais qui c'est petit à petit perdu vers d'autres considérations (tendre vers la généralisation de la bisexualité ou de l'homosexualité? Revenir vers l'hétérosexualité mais différemment?) tout en maintenant finalement la binarité des sexes.
Aujourd'hui ces femmes nous ont permis de comprendre qu'au delà de l'identité sexuelle ce sont deux genres, féminin et masculin qui se sont construit socialement sur une logique d'opposition de complémentarité et de hiérarchie et qui contribuent à l'inégalité.
Pour reprendre une phrase de Monique Wittig en modifiant le mot lesbienne par individu: "Un individu doit être quelque chose d'autre, ni femme, ni homme, un produit de la société et non un produit de la "nature" parce qu'il n'y a pas de "nature" dans la société"
Le trouble est jeté..

jeudi 5 juin 2008

Défendons le droit des femmes


Après le jugement du tribunal de Lille qui a annulé le 1er avril dernier un mariage au motif que l’épouse avait menti à l’époux sur la « qualité essentielle » qu’est sa virginité, l’association Ni putes ni soumises appelle à manifester samedi 7 juin, à Paris et dans toute la France, « afin de défendre le droit des femmes ».

À Paris, la manifestation aura lieu à partir de la place d'Italie. Plusieurs d’entre nous (de l'association chiennes de garde) s’y joignent en tant que féministes, et vous donnent rendez-vous au coin de l’avenue de Choisy à 14h30, derrière notre banderole LES ÊTRES HUMAINS NE SONT PAS DES MARCHANDISES.



Voir, sur le site Ni putes ni soumises, le texte « Virginité : un verdict qui tombe comme une fatwa »
http://www.niputesnisoumises.com/actualite.php?numactu=191

vendredi 9 mai 2008

Le Gang Rose

L'Inde est un pays de paradoxe en ce qui concerne le droit des femmes. Elles représentent à peine 21% des salariés et 2% des cadres alors que c'est un des premier pays à avoir élu démocratiquement une femme à la tête de son gouvernement (Indira Ganghi, devenue premier ministre en 1966).

Le 19 juillet 2007, Pratibha Patil est élue présidente de l'Inde et prend la direction d'un pays où une femme est violée toutes les demi-heures et assassinées toutes les soixante quinze minutes, sans parler des violences quotidiennes qu'elles subissent en cas de non paiement de la dot (toujours obligatoire).
Les petites filles ne sont pas désirées, elles ne bénéficient pas des mêmes traitements que les petits garçons et elles sont peu scolarisées (à peine 43%)

De quoi donner envie de se battre?

Sampat Pal Devi connaît bien les injustices faites aux femmes pour les avoir subies elle-même. Déscolarisée et mariée de force à l‘âge de 9 ans, elle vit dans l’Uttar Pradeh, une région pauvre du nord de l’Inde. Bien décidée à faire respecter la loi et à venir au secours des femmes maltraités et des plus démunis, elle fonde en 2006 avec les femmes de son quartier le Gang Rose. A 47 ans, elle est aujourd’hui à la tête d’une milice qui compte environ deux cent femmes éparpillées dans les villages voisins du sien. Ces justicières, reconnaissables à leurs saris rose, se déplacent munies d’un lathi (un bâton en bois réservé d’ordinaire aux hommes) dès qu’elles constatent une injustice.

Un villageois cherche à répudier sa femme, elles viennent en groupe l‘en dissuader, un jeune homme à été arrêté arbitrairement par la police, elles envahissent le commissariat et exigent sa libération, des agriculteurs sont écrasés par des dettes, elles iront négocier avec la banque.
S’il le faut, les femmes du Gang Rose n’hésitent pas à avoir recours à la violence et s’entraînent quotidiennement au maniement du lathi.

Pour les habitants de Banda où vivent les femmes du Gang Rose, elles représentent le dernier espoir quand la police et les fonctionnaires ont décidé de fermer les yeux. Un magasin d’état refusait de distribuer la nourriture réservée gratuitement aux plus pauvres, elles vont surveiller les faits et gestes du personnel et s’apercevoir qu’ils détournent l’aide alimentaire pour la revendre sur les marchés voisins. Elles iront bloquer le camion et s’assurer que la distribution se fasse équitablement.

Face à l’inaction des autorités, elles pourchassent elles même les maris et belles mères violentes, accompagnent les femmes violées au poste de police pour porter plainte et veillent à ce que les petites filles aillent à l’école.

Dans la zone d’influence du Gang Rose, l’attitude envers les femmes commence déjà à changer et les violences à diminuer.

dimanche 6 avril 2008

Pétition pour une Loi-Cadre contre la violence faite aux femmes

France, 2008. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Tout le monde se désole. Mais disposons-nous vraiment de toutes les mesures nécessaires pour combattre les violences faites aux femmes ? Toutes les violences faites aux femmes.

Pourquoi la loi ne prend-elle pas en compte la prévention des violences faites aux femmes et laisse chacun-e se débrouiller dans son coin ?

Pourquoi les violences psychologiques sont-elles reconnues au travail sous le nom de harcèlement moral et non pas dans le couple ?

Pourquoi la solidarité nationale ne se décline-t-elle pas financièrement auprès des victimes les plus démunies ?

Pourquoi une femme qui se sent menacée ne peut-elle bénéficier d’une protection urgente ?

Pourquoi sont-elles si peu à porter plainte ( 8% des femmes de 20 à 59 ans victimes de viol*) ?

Il est temps que la France adopte un ensemble de mesures intégrées et globales pour combattre ce fléau social, comme l’ont fait l’Espagne et la Suède.

Le Collectif national pour les droits des Femmes, soutenu par d’autres associations féministes, a rédigé une proposition de loi-cadre pour combattre ces violences, qui a été déposée sur le bureau de l’Assemblée par le Groupe de la gauche démocratique et républicaine.

Pour signer la pétition cliquer ICI



* Chiffes de l'enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (Enveff).

samedi 29 mars 2008

Ces petits rien qui nous empoisonnent.

Un de mes clients cherchait une idée de livre à offrir pour une personne de son entourage qui s'intéresse un peu à tout... Il voulait une sorte de dictionnaire encyclopédique qui couvre un large champs de connaissance sans être généraliste dans les explications ni trop volumineux et bien sur pas trop cher.

je lui pose la question suivante:

Moi: Est ce qu'elle aime l'étymologie ou plus généralement l'évolution et l'usage de la langue française? ( en vue de lui conseiller le dictionnaire historique de la langue française chez Robert publié en format poche à 64€)

Le client: Elle!!! (hurlé si fort que tous les clients de la librairie se sont tournés vers nous) Pourquoi vous dites elle!! (ton indigné) C'est pas une femme!

Moi (une fois la stupéfaction passée): J'utilise "elle" pour remplacer le nom féminin personne que vous avez vous même employé pour parler de votre ami.
Maintenant, même si je m'étais effectivement trompée sur son genre, je ne vois pas en quoi cela justifie votre indignation?

Le client (à peine audible): Vous avez raison, excusez moi, je ne l'avais pas compris comme ça.

C'est bien ça le problème, féminiser un homme ou parler de lui comme on parlerait d'une femme reste dans l'usage une insulte, une humiliation et demeure un symbole ultra péjoratif.

dimanche 23 mars 2008

Quand les moches deviennent des héroïnes...

La laideur a toujours été la caractéristique du mal, de la fourberie, de l'hypocrisie, de la jalousie, de la traîtrise. Chez une femme, c'est un sacrilège, une insulte à l'humanité, un manquement à son devoir de femme. Un stigmate de sa mauvaise nature, une punition divine pour avertir les autres qu'ils ont à faire à un être vil, la conséquence d'une vie mal menée. La femme laide, c'est une créature maléfique de la mythologie grecque, c'est une sorcière, une prostituée, une belle mère acariâtre. Perçue comme un châtiment pour mauvaise conduite, la laideur se mérite, c'est la conséquence d'une mauvaise action.

Sa place dans la littérature en était assez limitée, mais c'est vrai que l’image de la femme ne supportait pas de nuance, ou c'était un monstre ou bien une princesse de conte de fée. Un modèle de vertu, belle comme le jour ou une dévergondée, poilue et infirme.

En même temps qu'on a arrêté de croire aux sorcières, la femme laide a arrêté de faire peur. Elle ne suscite plus de mépris mais de la pitié. Ce n'est plus la marque d'une justice divine mais d'une injustice de la nature. Un manque de bol, une croix à porter. Elle est devenue une pauvre fille, condamnée au rôle de faire valoir, la moche de service, son existence n'émeut pas et n'intéresse personne

Une femme moche, même si ce n'est pas de sa faute n'a rien de grandiose, ne vaut pas qu'on se déplace pour elle et doit faire preuve d'une grande gentillesse et d'une grande intelligence pour qu'on l'écoute (parler de la jolie fille!).

Construire une histoire autour d'une femme moche, en faire son héroïne, lui attribuer un autre intérêt que celui de la pauvre petite qui vit par procuration, c'est une révolution!

Elles ne sont pas légion dans la littérature française (Antigone d’Anouilh, « la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans sa famille », Thérèse Desqueyroux qui bien qu’ayant tenté d’empoisonner son mari, n’en reste pas moins une victime des conventions bourgeoises).

Un peu plus représentée au cinéma, la femme moche reste bien souvent un personnage comique dont on se moque volontiers de ses déboires amoureux (Nuit d’ivresse avec Josiane Balasko, Ma vie est un enfer toujours avec Josiane Balasko, et Muriel, tête de Turc Officielle, Sur Mes Lèvres, un film avec Emmanuelle Devos, on échappe à la caricature de la fille un peu gauche).


Dans les séries TV, on se souvient de Tori Spelling dans Sauvés Par Le Gong, petite amie de Skreech, aussi sexy que lui avec son rire de porcelet, elle ne fait que de petites apparitions, complètement négligeable!

Et puis il y a le personnage de Betty la fea (comprendre Betty la moche), véritable phénomène de la Télévision Colombienne, cette série a été adapté dans plus de 70 pays.

Cette jeune femme, laide avec son appareil dentaire, ses lunettes double foyers, ses vêtements de grand-mère et ses kilos superflues, est engagée dans un grand magazine féminin de mode pour recadrer le rédacteur en chef qui avait l’habitude de coucher avec toutes ses assistantes!

Bien sur, au début on ne sort pas des clichés, elle est timide, maladroite (elle se casse la figure un nombre incroyable de fois) elle est méprisée par les autres femmes du journal et moquée par les hommes.

Ce qui est surprenant, c’est que Betty fait front, elle ne part pas en courant chez elle pour manger devant la télévision, elle travaille dure. Elle s’impose au fur et à mesure des épisodes, sans céder à la tentation de faire un régime ou demander les conseils d’un styliste. Elle s’assume, consciente du décalage entre elle et les autres filles, elle n’a pas honte et garde son sourire, elle n’a même pas l’idée d’être jalouse!

Dans un milieu dominé par l’apparence, elle réussi à se faire respecter pour elle, ses compétences, sa gentillesse, son travail.

Un vrai bouleversement pour l’image de la femme!

mardi 18 mars 2008

La femme frigide n'existe pas

Marie Bonaparte avait beaucoup réfléchit sur les causes de la frigidité féminine qu‘elle considérait comme étant anatomique. Elle s’est faite opérer trois fois pour rapprocher son clitoris de son vagin dont la trop grande distance qui les séparait étant selon elle, l’unique cause de son impossibilité à jouir par pénétration.

Marie Bonaparte était pourtant une femme brillante, intelligente qui n’a jamais réalisé que le plaisir qu’elle avait avec son clitoris était un plaisir abouti, qu’il n’y avait rien d’autre de mieux à rechercher et que la femme frigide n’existe pas.

On ne peut pas se cacher indéfiniment derrière un orgasme simulé pour faire croire que tout va bien, la façon conventionnelle d’admettre un rapport sexuel doit changer.

Tu ne peux pas dire que tu n’aimes pas le sexe que tout le monde fait sans qu’on te regarde de travers et qu’on te recommande à un psy. Tu ne peux pas dire que dans la plus part du temps tu t’ennuie sans qu’on t’accuse de ne pas savoir y faire et d’être frigide.

Je n’aime pas le sexe réglementaire, celui dont on parle, qu’on nous a expliqué, rabâché et décortiqué en trois étapes où il faut les caresses (pour découvrir le corps de l‘autre), les préliminaires (pour faire monter l’excitation) et la pénétration (dans trois positions différentes si tu ne veux pas te faire passer pour un ringard),celui qu’il faut faire au moins trois fois par semaine si tu veux être sure d’être considéré comme épanouie sexuellement, celui qu’on te demande à chaque nouvelle rencontre (tu préfères être au dessus ou en dessous?) celui qui te dit que le coït est le seul acte valable de plaisir et qu’on te resserre à toutes les sauces depuis le film porno le plus banal jusqu’au catalogue des trois suisses.

La femme n’est pas une handicapée de l’amour physique dont la capacité à arriver à l’orgasme reste un mystère.

Marie Bonaparte dans sa quête inconsidérée de l’orgasme vaginale avait quand même notée une chose intéressante sur le clitoris: « Les hommes se sentent menacés par ce qui aurait une apparence phallique chez la femme, c'est pourquoi ils insistent pour que le clitoris soit enlevé »

mardi 4 mars 2008

La construction de la femme moderne

"On ne naît pas femme, on le devient" cette phrase célèbre que nous devons à Simone de Beauvoir, la première fois que je l'ai lu j'en avais compris que la femme se construisait d'abord psychologiquement, par rapport à ses émotions, à son corps et surtout à ce qu'on attendait d'elle, qu'elle n'avait pas le monopole de la féminité, qu'elle pouvait d'ailleurs très bien s'en passer. A partir du moment où on en avait conscience, cela supposait aussi qu'on avait le choix d'en devenir une ou pas.

C'était oublier un peu trop vite que les caractéristiques propres à mon sexe ne dépendent pas de moi et surtout pas de mes chromosomes XX. Le féminin (comme le masculin d'ailleurs) est un genre qui s'est constitué socialement. Chacun de nous a reçu un traitement différent en fonction de son appartenance à une des deux catégories: mâle ou femelle.

"le monde social construit le corps comme réalité sexuée et comme dépositaire de principes de vision et de division sexuants." (Pierre Bourdieu, dans La Domination Masculine, chez Points p 23). Le travail de socialisation ne nous permet pas de vivre spontanément mais conformément. Mes émotions, mes expériences, mon vécu que je considérais comme propre à moi même, répondent à une logique de différenciations des sexes. Je ne peux que composer avec ce qui m’est donné.

Être une femme aujourd’hui cela suppose être la même femme qu’avant: douce, amoureuse, intuitive, émotive, faible physiquement, conciliante, la plus belle possible, maternelle, avec de nouvelles caractéristiques souvent en contradiction avec les premières, active, performante, agressive, indépendante, refoulée, forte physiquement, insensible. Être partout en même temps, sur tous les fronts, respecter la norme et la défier à la fois.

C’est l’effet pervers de l’émancipation de la femme qui a voulu assimiler les caractéristiques masculines alors qu’en fait elle ne les a qu’ajoutées.

Et si on se laissait vivre, tout simplement?

mardi 26 février 2008

Une autre hypothèse

Olivier Pétré-Grenouilleau dans son livre " les Traites Négrières " avance l’hypothèse suivante: le racisme contre la population noire est une conséquence de la traite, pas une de ses raisons. L’expansion des nations européennes due à la découverte du nouveau monde, la nécessité économique d’une main d’œuvre bon marché et en abondance ainsi que la grande vulnérabilité des populations d’Afrique de l’ouest par rapport aux populations de l’est peuvent expliquer l’origine de ce commerce d’êtres humains ( je résume en quelques lignes un livre de plus de cinq cents pages, j‘encourage donc vivement tous ceux que ça intéresse à le lire).

L’axiomatisation par les théories racistes interviendra plus tard et encouragera les populations blanches à continuer dans ce sens.
Aussi invraisemblable et ahurissant soit il, nous avons considéré que les populations noires se sont laissées soumettre et imposer une condition d’esclave. Nous en avons donc déduit qu’elles le méritaient et qu’elles étaient inférieures. Bon nombre de nos éminents scientifiques l’ont expliqué par des tares physiques propre à la nature même des noirs. Nous sommes partis du principe qu’il n’y a rien de plus méprisable qu’une personne qui se laisse mépriser. Et nous continuons encore aujourd’hui.

J’imagine la même hypothèse pour les femmes. Je suis convaincue que la misogynie n’est qu’une conséquence de notre condition. Elle déculpabilise et incite à continuer mais elle n'en est pas la cause efficiente
Si l'infériorité des femmes allait de soi, personne n'aurait pris la peine de la justifier et de rappeler au fil des siècles la grande nécessité pour la population masculine de nous tenir à l'écart et sous leur contrôle.
Les écrits misogynes qui ponctuent notre histoire, font un état des lieux de la situation de la femme et de la façon dont elle est perçue mais ils n'expliquent pas pourquoi il en est ainsi.

Une autre question, plus fondamentale, doit trouver une réponse. Qu'est ce qui poussa les hommes à nous soumettre?

jeudi 14 février 2008

De mères en filles

Ma mère était dans la cuisine occupée à préparer le dîner pour toute la famille et j'avais pris la décision de l'aider un peu dans sa tâche. En fait je guettais le meilleur moment pour négocier avec elle le droit de regarder la télévision un peu plus tard que d'habitude.
J'avais neuf ans.
Je commençais par lui parler de l'école et des bonnes notes que j'accumulais. J'espérais l'inciter d'elle même à me récompenser.
Je n'ai eu en retour que ces mots: "Fais attention aux garçons, ils peuvent être très méchant" avant de recevoir l'ordre de mettre la table.
Je n'avais pas saisie à ce moment la pertinence de sa mise en garde, je pensais tout simplement qu'elle cherchait à changer de sujet pour ne pas avoir à marchander avec moi.
Surtout qu'à l'époque, si un garçon avait le malheur de me chercher, je le plaquais au sol et lui tordait le bras pour le forcer à me faire des excuses.
Autant dire que je n'ai pas pris ma mère au sérieux.

Depuis, je n'ai pas rencontré une fille qui n'avait pas son histoire, celle qui nous rallie sous la même bannière, et qui donne toute sa valeur à l'avertissement de ma mère. L'histoire du jour où elle s'est fait maltraiter par un homme, l'histoire:

De mon amie Christine, qui s'est faite taper dessus par son compagnon, parce qu'il ne supportait plus de vivre à ses crochets et de se sentir si minable à coté d'elle.

De mon amie Julie, qui s'est faite violer, taper et menacer par son amant et ses amis parce que selon lui, elle aimait un peu trop le sexe et que c'était normal de la traiter comme une chienne.

De mon amie Laetitia qui s'est vu imposer une sodomie, jusqu'au sang et jusqu'aux pleurs, par son petit ami pour qu'il ait quelque chose à raconter à ses potes le lendemain.

De mon amie Gina, qui s'est faite violée par son cousin à l'âge de douze ans, parce qu'elle était déjà très belle et qu'il voulait à tout prix s'octroyer le privilège de la déflorer.

De mon amie Claire, qui a du subir toute son enfance les avances de son beau-père.

De mon amie Olivia, qui est revenue transformée de ses vacances à Londres, parce q'un soir deux hommes qui l'ont raccompagné , ceux sont dit qu'elle pouvait bien leurs faire une fellation pour les remercier.

De mon amie Anne-Marie, qui s'est prise une gifle en pleine rue par son ex parce qu'il lui avait prêté la cassette audio du film Dick Tracy et qu'elle ne lui avait pas encore rendu.

De mon amie Irène qui devait s'assoire sur les genoux de son père et se frotter contre lui pendant que maman s'occupait du dîner dans la cuisine.

De mon amie Julia, qui s'est prise un coup de poing dans la figure parce que son compagnon n'a pas apprécié qu'elle se rendorme alors qu'il l'a réveillait à deux heures du matin pour lui raconter pourquoi il était un grand artiste.

De mon amie Deborah dont le compagnon en avait marre de se creuser la tête et d' inventer des mensonges pour la tromper, et qui s'est dit au cours de la soirée qu'il organisait pour son anniversaire, que c'était plus simple de la traiter d'allumeuse et de la mettre dehors à grand coup de pied dans le derrière pour être tranquille.

De mon amie Élodie qui devait tout accepter de son petit ami parce que selon lui, elle devait être reconnaissante qu'il s'intéresse à elle alors qu'elle était grosse et moche.

De mon amie Nathalie qui s'est faite coincée dans les toilettes d'une boite de nuit par trois touristes qui lui ont baissé son pantalon et soulevé son T-shirt et pris en photo avec leurs téléphones portables, parce qu'ils voulaient un souvenir de Paris.

De mon amie Marie-Agnès dont le petit ami lui confisquait son argent de poche parce qu'elle était trop bête pour savoir comment s'en servir.

Et enfin, mon histoire, celle où mon ex n'a pas su encaisser la rupture et qui m'a harcelé, menacé de mort et craché dessus.

mardi 5 février 2008

Changeons de critère

S'est on vraiment affranchie de la domination masculine ou avons nous juste ouvert une porte pour mieux participer à la connerie ambiante?
Qu'avons nous fait en réclamant l'égalité si ce n'est d'exiger de ne pas nous discriminer sur notre sexe sans jamais remettre en question le système inégalitaire mis en place?

Changeons de critères mais pas le principe hiérarchique qui nous a justement assigné à un rôle de second ordre.

Nous sommes sorties de la sphère privée du foyer pour se faire une place dans celle publique des hommes sans exiger de changement autre que de bien vouloir nous accueillir parmi eux!
Une des grandes revendications de la femme était son droit le plus élémentaire à travailler.
Pour ma part, j'en ai plus qu'assez de travailler et je ne vois dans le monde de l'entreprise qu'un autre instrument de subordination. Je ne comprends pas par quelle ineptie on est arrivé à nous imposer une hiérarchie et les inégalités salariales qui vont avec. Je veux bien qu'on m'explique en vertu de quoi deux personnes qui travaillent dans la même société ne seraient pas rémunérées de la même façon!

Quel progrès y a-t'-il à sortir d'une situation médiocre pour entrer dans une autre tout aussi insupportable?

Le problème ne se pose évidemment pas qu'à la femme mais dans sa lutte pour son émancipation, j'entrevois la révolution nécessaire à l'épanouissement de tous les membres de notre espèce.

jeudi 31 janvier 2008

Citation

"Homme, es tu capable d'être juste? C'est une femme qui t'en fait la quesion; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi? qui t'a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe? ta force? tes talents? Observe le céateur dans sa sagesse; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne moi si tu l'oses, l'exemple de cet empire tyranique.
Remonte aux animaux, consulte les elements, étudie les végéaux, jette enfin un coup d'oeil ur toutes les modifications de la matière organisée; et rends-toi à l'évidence quand je t'en offre les moyens; cherche, fouille et distingue, si tu le peux, les sexes dans l'administration de la nature. Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef-d'oeuvre immortel.
L'homme seul s'est fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l'ignorance la plus crasse, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles; il prétend jouir de la Révolution, eet reclamer ses droits à l'égalité, pour ne rien dire de plus."
Olympe de Gouges, in Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

mardi 22 janvier 2008

La cause des noirs et la cause des femmes

Parler de la similitude entre la cause des noirs et la cause des femmes peut paraître surprenant à première vue. Les femmes ne sont pas une race de l'espèce humaine et il existe des individus femelles chez les noirs qui elles aussi souffrent de discrimination. Mais noir n'est pas non plus une race en soit quand on prend en compte la diversité du genre humain.
Pourtant c’est de cette façon que les autres nous ont compris, indépendamment de la logique ou de la vérité scientifique. La haine et le mépris nous réunissent sous la même bannière des gens les plus détestes à travers les âges.
Nous partageons la même condition de soumis, d‘esclave, de marchandise. Aucun groupe (à part peut être les Juifs) n'a jamais été autant critiqué et salit que les noirs et les femmes.
Le propos ici n'est pas de hiérarchiser la souffrance, cela n'aurait aucun sens mais de pointer les similitudes et de constater que la bêtise prend sa source au même endroit:
-Les noirs et les femmes ont été maudits par la bible, les femmes portent en elles la faute originelle d'Ève, les noirs sont les descendants de Cham.

-L'existence d'une âme chez la femme a été le sujet d'une controverse comme chez le noir.
-On nous a comparé à des animaux limités par ses instincts charnels
-Nous avons été les victimes d'une traite, considérés comme de la marchandise, nous avons été vendus et soumis.
-Le noir comme la femme a été réduit à l'esclavage et consigné aux basses besognes.
-Nous avons fait l'objet de lois réglementant nos conditions.
-Nous avons été mis à l'écart du savoir, de la culture et de la politique.
-On a justifié notre condition par des tares physiques.
-Il aura fallu attendre le XXème siècle pour voir nos droits rétablis
-Encore aujourd'hui, la question des femmes ou des noirs est sujet à des querelles; on essaye de nous faire croire que nos anciennes conditions ne pèsent plus sur nos épaules.

lundi 14 janvier 2008

Avez vous un collègue masculin?

Je travaillais à l’époque dans une grande librairie parisienne (qui vend aussi des disques, des DVD, des télévisons et des ordinateurs mais dont je tairai le nom). Cette question de mon client complètement inattendue m’a laissé perplexe. En quoi un homme peut lui venir en aide mieux que moi ?

Il voulait regarder une encyclopédie exposée tout en haut d’un rayon et il cherchait quelqu’un pour l’attraper (porter un gilet vert et vous devenez corvéable à souhait!) Il savait qu’une encyclopédie regroupe l’ensemble des connaissances universelles dont justement il avait grand besoin et toujours très perspicace il avait deviné que tout ce savoir regroupé dans un seul ouvrage devait peser bien lourd. Selon lui et conformément à l’imaginaire collectif qui lui aussi est malheureusement universel, seul un homme pouvait hisser sans difficulté ces cinq kilos de savoir en bas du rayon.

On a beau vous le rabâcher dès votre plus jeune âge qu’un homme est plus fort qu’une femme, c’est toujours surprenant de constater à quel point on nous considère comme faible.
L’homme en général a une masse musculaire plus développée qu’une femme en général, ce qui le rend plus fort. C’est une réalité qu’on ne peut que constater et qui est criante dans les compétitions sportives. On peut toutefois se demander si elle est bien la conséquence de son chromosome Y ou celui de notre longue évolution qui a justement mis l’homme du coté de la force physique.
Une femme en général vie plus longtemps qu’un homme en général. Cette différence s’explique surtout par sa condition [elle ne faisait pas la guerre, n’avait pas de comportement à risque comme fumer, boire, se battre et n’avait pas un ego mal placé (je vais voir un médecin quand je sens une douleur parce que ce n’est pas honteux d’avoir mal)]. Son double X ne l’avantage pas, comme aucun chromosome d’ailleurs.

Ce qui est contraire au bon sens, c’est de considérer que toutes les femmes sans exception sont toujours plus faible qu’un homme quel qu’il soit! Si pour satisfaire mon client, j’avais du faire appel à mon collègue supposé plus fort, il aurait été très surpris de constater qu’il était plus petit et moins musclé que moi! Cette différence de force, dernière fierté de la nation des hommes, en quoi nous intéresse t-elle, nous les doubles X? Est-ce vraiment important de se mesurer aux autres pour savoir lequel peut avoir le dessus?

Le problème n’est pas une question de prestige. Cette croyance ancrée dans l’inconscient collectif à des répercussions désastreuses sur les relations homme femme. Elle nous présente comme des victimes potentielles. Si je suis un homme je peux m’en prendre à une femme parce qu’elle est plus faible. Si je suis une femme je vais avoir du mal à me défendre parce que l’homme est plus fort que moi. On a d’un coté l’assurance de gagner et de l’autre celui de perdre. On connaît tous l’issu de l’affrontement quand il y en a un!

jeudi 10 janvier 2008

A Poil !!!!


Le Nouvel Observateur voulait rendre hommage à Simone de Beauvoir dans un numéro spécial sur le centenaire de sa naissance. Que trouve t-il judicieux de mettre en couverture? Une photo intime d'elle où elle pose nue.


Pour ceux qui ne seraient pas au courant, notre très chère Simone est la mère spirituelle du mouvement féministe, elle a essayé de décrire la réalité féminine de son époque, de montrer comment une femme est systématiquement confinée à son sexe, méprisée, utilisée et asservie. Elle voulait pour chacune d'entre nous une vie libre où on pourrait enfin s'évader de la sphère qui nous a été assignée. Elle avait une vie sexuelle affranchie des convenances qu'elle ne cachait pas mais qu'elle n'étalait pas non plus. Elle voulait qu'on nous laisse tranquille avec notre corps et les obligations qui vont avec. Je vous assure que la montrer nue ne rend grâce ni à son oeuvre ni à sa vie.


Objectivement, je trouve cette situation assez cocasse. Comment on t il pu avoir une idée aussi saugrenue! Auraient ils pensé à la même chose pour Albert Camus ou Émile Zola. J'imagine assez mal une photo de Jean Paul Sartre, allongé nu sur son divan faire la couverture du magazine qui titrerai "L'existentialiste est un libertin" en hommage au philosophe. Mais ce n'est pas parce que j'ai le sens de l'humour que je ne peux pas m'indigner.

Je sais que la rédaction du Nouvel Observateur n'est pas misogyne et n'avait pas de mauvaises intentions. Et c'est là où réside le problème et toute la difficulté de notre lutte.
A l'époque de Simone, ils existaient deux clans: celui qui pensait que les femmes ne valaient pas grand chose et celui qui au contraire défendait ses droits. Aujourd'hui le cliché du macho grande gueule qui ne trouve son intérêt dans la compagnie d'une femme que pour faire le ménage et lui assurer une progéniture est assez loin. Mais pas encore assez... Aujourd'hui on ne se bat pas contre une idéologie mais contre une façon de vivre, une survivance de cette époque. La domination masculine a imprégné notre société jusque dans nos comportements. Il est impossible de concevoir nos relations avec autrui quel qu'il soit sans les hiérarchiser.


Il est de notre devoir d'identifier ces comportements et de les modifier;
Alors messieurs et mesdames du Nouvel Observateur, je vous le dis sans animosité, excusez vous pour cette photo malencontreuse. Simone était une femme, certes, mais c'était surtout une philosophe et une écrivaine et c'est pour ça qu'on se souvient d'elle!


ce post a été envoyé à M Jean Daniel, redacteur en chef du novel Obs à l'adresse suivante jdaniel@nouvelobs.com

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Voici le deuxième mail adréssé au nouvel obs:


Cher Monsieur Daniel,


Bien sur je n'imaginais pas recevoir une réponse dans les cinq minutes à mon courriel du 11 janvier dernier et votre mutisme ne m'étonne pas (souvenezvous, les fesses de Simone en couverture, moi pas contente, moi expliquer vous grand outrage, moi demander vous excuses)...


je suis juste un peu déçue mais j'ai bien l'impression que c'est une habitude à prendre avec vous.


Monsieur Daniel, auriez vous un ego mal placé pour ne pas reconnaître une erreur et revenir dessus? Je connais la position de votre équipe éditoriale sur le sujet: "On voulait donner une image moderne ( montrer une femme nue à ne pas en douter c'est une vision très moderne de la femme...), la photo lui rend hommage, elle est très belle (vous l'avez quand même retouchée, grande philosophe ou pas, l'idée d'un peu de cellulite en couverture ne vous semblait pas vendeur?) elle serait partie dans un grand éclat de rire envoyant la photo ( bizarrement je n'en suis pas aussi sure que vous, peut être parce que j'ai lu ses livres. Si vous avez besoin d'une fiche delecture sur le deuxième sexe pour vous rafraîchir la mémoire, faites moi signe!)


Vous n'êtes donc pas décider à prendre un peu de recul et comprendre que vous avez blessé une grande partie de vos abonnés et aussi des lecteurs potentiels (je sens que l'argument économique fait mouche!).


Pourquoi ne pas réunir votre géniale équipe éditoriale, réfléchir sur la polémique et faire un dossier sur le féminisme dans votre prochain numéro(je vous préviens, ne comptez pas sur moi pour montrer mes fesses!)


Voilà une bonne façon de vous rattraper...
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la réponse, enfin, mais pas de jean Daniel mais de Véronique Cassarin Grand (vcassaringrand@nouvelobs.com) qui a quand même signé au nom de M Daniel


Madame,


La publication de la photographie de Simone de Beauvoir nue en couverture de notre magazine m'a parue nettement regrettable mais en aucun point déshonorante, et ne justifiant pas, en tout cas, les propos hostiles etinjurieux qu'elle a parfois provoqués.


Jean Daniel

samedi 5 janvier 2008

Comment on fait les bébés?

C'est difficile de répondre à cette question sans utiliser une image innocente de la procréation. On répond aux enfants: Pour que tu naisses, il a fallu que papa dépose une graine dans le ventre de ta maman.

Comme le présente très bien Albert Jacquard dans "Moi et les autres" cette représentation qui laisse à papa le rôle actif de la semence et à maman celui passif du terrain est pourtant très loin de la réalité et contribue dès le plus jeune âge à une vision erronée de notre espèce.

Aujourd'hui on admet l'égalité des rôles initiaux de deux parents mais on considère l'enfant comme la moitié de papa et la moitié de maman: là encore on arrive a une absurdité. Si j'étais la somme des deux moitiés de papa et maman, la population tendrait à s'homogénéiser. On peut le constater: la transmission des caractères s'accompagne du maintien de la diversité.

Rendons grâce aux travaux de Mendel (et aussi à Albert jacquard) qui a montré le lien entre un gène présent chez l'individu et un caractère apparent. D'un gène on peut connaître le caractère mais du caractère on ne peut en déduire le gène.

Nous savons que nos gènes viennent du spermatozoïde et de l'ovule dont il est issu. Nous savons aussi que ces gamètes présentent la particularité de n'avoir qu'une seule série de chromosome et non deux et que le choix de ces chromosomes n'est pas volontaire mais aléatoire.

Contrairement à ce que l'on croît, on ne transmet pas nos caractères mais la moitié des gènes que les gouvernent.
Les caractéristiques d'un individu comme son sexe ou son intelligence ou au contraire sa stupidité ne sont pas héréditaires Et ça change tout!